Pourtant la froide reine, aux foules prosternées,

Ne saurait imposer des décrets immortels.

Son règne achèverait soudain nos destinées;

Contre le sphinx obscur nous cesserions nos duels;

Quittant leurs vains espoirs, nos âmes résignées

Ne s'élanceraient plus vers de merveilleux ciels.

Car nous marchons guidés par un sublime rêve

Qui, flottant à nos yeux et reculant sans trêve,

Se transforme toujours, mais sans pâlir jamais.

Et les Sentiments seuls, en nous prêtant des armes,