DIOTIME, VIVIANE, ÉLIE, MARCEL.
Plus tard ÉVODOS.
Lorsqu'on revint s'asseoir, Diotime reprit ainsi:
Les tableaux qui vont se dérouler dans la seconde partie de Faust répéteront, sous un voile symbolique d'un plus riche tissu et dans des proportions agrandies, les scènes de la première partie. Le parallélisme qui s'établit entre les deux moitiés de la tragédie, n'est guère moins apparent que le parallélisme des trois cantiques. Il produit dans l'un et l'autre poëme un grand effet de solennité, de cette solennité primitive dont nos deux poëtes avaient en eux l'instinct, et qui, chez Gœthe, s'était singulièrement accrue dans la méditation et l'étude de la tragédie grecque.
Dès les premiers vers du second Faust, on sent que le style s'élève. Les voiles se gonflent; les horizons s'ouvrent. Comme Dante, au sortir de l'enfer, Gœthe semble ici se placer sous l'invocation de la muse épique:
… alza le vele Omai la navicella del mio ingegno.
L'affreux cachot où Faust a «laissé toute espérance» est derrière nous. Nous voici au seuil des régions purificatrices où notre héros, lui aussi, va se rendre digne de monter au ciel, e di salire al ciel diventa degno. Sous la voûte immense du firmament, dans une vaste campagne, aux approches de l'heure où le soleil ramène à notre hémisphère la lumière, le mouvement, la vie, Faust, couché sur des gazons en fleur, est doucement bercé par la voix des sylphes, aux sons de la harpe éolienne.
MARCEL.
Mais comment, du cachot de Marguerite et de la compagnie du diable, Faust se trouve-t-il tout à coup transporté sur des gazons fleuris, dans la compagnie des sylphes?