— Tout juste. Je suis ici pour mettre au net une affaire à laquelle un Français serait soi-disant mêlé. Mais Chicago est le pays des caïds ; ceux-ci n’aiment pas qu’on s’occupe d’eux. Bref, j’ai fait semblant de les mettre. Et, maintenant, je reviens incognito. Un seul handicap : je ne connais pas l’anglais. C’est moche !
Il rougit.
— Si je pouvais vous rendre service, murmure-t-il timidement.
Je lui pose la main sur l’épaule.
— Figure-toi que j’étais en train d’y songer, justement. Écoute, on va faire un marché. Je t’engage comme interprète pour deux ou trois jours. Ça te permettra de visiter Chicago. Tu verras, c’est une sacrée ville ! Comme dédommagement, je te filerai mille dollars !
Il bredouille.
— Co… comment ?..
— Mille dollars ; ainsi, tu pourras faire ton viron en pullman comme un pape. Ça te botte ?
— Bien sûr, dit-il, mais c’est trop.
— Fais pas la bête. Il ne faut jamais refuser les présents du ciel. Alors, d’accord ?