Je salue les deux grognaces et je fais signe à Robert de me suivre.

Une fois dans la voiture, il me pose cette innocente question :

— Vous êtes content ?

Je lui donne une bourrade.

— Si tu veux parler de tes services, je suis ravi. Tu es un interprète de première catégorie. De l’enquête aussi je suis content. Attends que je résume : cette Molly Dayton était taxi-girl, mais elle avait des ronds, beaucoup de ronds, beaucoup plus que n’en ont ordinairement ses consœurs. Elle recevait des hommes la nuit, des gars qui venaient prendre du bon temps, des pigeons à faire reluire, quoi ! Peut-être est-ce là l’origine de son aisance. Elle s’envoyait en l’air pour son confort. Marrant ! Mais elle recevait aussi un escogriffe à gueule de pasteur qui lui apportait de mystérieux bouquins reliés qu’elle ne laissait pas traîner. Et elle ne lisait que des romans à la mords-moi le chose. Tout ça est assez bizarre. Je m’étonne que la police d’ici ne se soit pas rencardée davantage.

Nous démarrons.

— Où allons-nous ?

Ce qu’il est frémissant, le petit gars.

— Attends. Quelle heure est-il ?

— Huit heures.