Je vais pour feuilleter le livre et je pousse une exclamation. Ce bouquin est déguisé en Bible. L’intérieur a été évidé et une boîte y est planquée. Elle est vide. Je renifle, une odeur douceâtre s’en échappe.

Une odeur que j’ai déjà reniflée quelque part en France. Je mets le livre sous mon brandillon.

— Ce sera un petit souvenir, dis-je à mon petit Belgicot. Allez, traçons, maintenant.

Le violoneux d’à côté nous regarde grimper dans la tire par la fenêtre. Je lui adresse un petit signe d’adieu. Son rideau retombe.

— C’est formidable, déclare Robert Dauwel avec son magnifique accent d’outre-Quiévrain.

Il ajoute, exalté :

— Où allons-nous, maintenant ?

— Maintenant, dis-je, je t’offre à boire dans un bar qui s’appelle Le Perroquet.

— … Ou La Perruche, complète-t-il.

Et il récite comme une prière :