Il allume une cigarette et éteint.
Dans l’obscurité, je vois grésiller le bout incandescent de la cibiche.
Je me dis que mon but me fait mal, que la vie est moche et que le roupillon est une chose nécessaire. Je m’endors comme un petit ange !
Comme le disait avec pertinence Pierre Dac :
« Il ne faut jamais faire le jour même ce qu’on peut renvoyer au surlendemain matin. »
CHAPITRE XVI
« Des retrouvailles »
Il m’arrive souvent de rêver. Lorsqu’on mène une existence à grand spectacle, comme la mienne, c’est presque nécessaire. Un rêve, pour moi, c’est une soupape de sûreté.
Donc, je suis dans un avion. Et cet avion ronronne comme tous les avions en vol. Mais, soudain, la porte de l’oiseau s’ouvre, un gars me prend par les pieds et me jette dans le vide sans qu’il me soit possible de réagir.
Vache de blague ! Je fonce dans le vide comme un verre de vin blanc dans le gosier d’un ivrogne. Puis, soudain, je suis arrêté par le bras. Au passage, j’ai eu le temps de saisir une courroie qui pendait hors de l’appareil.