Dix minutes plus tard, nous franchissons le seuil d’une boîte où se dépense un orchestre noir. Une foule épaisse se trémousse en cadence au rythme d’une batterie du tonnerre.

La salle est immense. Au fond, se tient un bar où des barmen en veste rouge débitent du coca comme s’il en pleuvait. A l’autre extrémité, la scène de l’orchestre. Des lumières aux éclairages variables, des bancs le long des murs. Et cette populace morne qui se secoue les tripes sans paraître y prendre le moindre plaisir.

— Vous dansez ? demande Cecilia.

— Oui, mais mal.

— Voulez-vous que nous essayions ?

— Vous allez me prendre pour un gros sac.

— Mais non ! J’adore qu’on me marche sur les pieds.

— Alors, avec ma pomme, vous serez servie. Justement, l’orchestre y va d’un slow. Le slow, c’est comme qui dirait la question de repêchage des médiocres de la danse dont je fais partie.

— Vous ne vous défendez pas trop mal, assure Cecilia sans se marrer.

— Merci.