J’ai encore le temps de penser que nous sommes au quatorzième étage. Lorsque j’atterrirai, je serai disloqué comme une poupée de son lorsque douze chiots ont joué avec elle !

Et, presque aussitôt, je sens un choc maison.

Je repose sur une surface plane.

« Bon Dieu ! Me dis-je, je n’ai pas descendu quatorze étages. »

Je suis sur le toit de la cabine, indemne. Juste un nerf un tantinet froissé, autant dire le gros miracle. Je ne bronche pas. J’attends en me disant que mes agresseurs se sont peut-être bien aperçus que la cabine n’était pas au rez-de-chaussée. Mais ils ont fait la valise rapidos à l’autre bout du couloir où se trouve le second ascenseur. Par mesure de sécurité, je laisse s’écouler quatre à cinq minutes que j’emploie à frotter ma cuisse endolorie et à penser à tout ça.

Puis je me souviens que les ascenseurs, ici, sont munis d’une trappe permettant de les évacuer en cas de panne. Reste à savoir comment fonctionne cette trappe ! Je la délimite et je sens une poignée. Je tire. Elle s’ouvre comme la porte d’un meuble de cuisine, car elle est à va-et-vient. Je pénètre donc dans la cabine de la façon la plus aisée qui soit après la grande porte. Puis j’en sors enfin et je m’époussette. Je suis au treizième, c’est-à-dire que je n’ai dégringolé qu’un seul étage. Or, les étages sont courts, ici, et le toit de la cabine est moins dur que du bitume.

Mon ange gardien a traversé l’Atlantique en ma compagnie, c’est un gentil petit mec.

Comme je suis salement écœuré par les ascenseurs, je me tape les treize étages à pince. Pour succéder à une séance d’amour à grand spectacle, c’est un peu beaucoup !

J’ai les flûtes en flanelle de coton en arrivant en bas. Heureusement, un bar me tend les bras.

Je lâche mon mot de passe :