— Oui ça ne t'ennuie pas ? Ça ne t'effraie pas ?
— Ça m'inquiète et ça me ravit.
— Moi aussi. T'imagines-tu ce que nous allons vivre ?
Je me suis assis. Je tombais de sommeil.
— Vois-tu, ai-je soupiré, le rêve serait que nous nous soyons toujours connus.
— Tous les amoureux font le même.
— Bien sûr, c'est tellement affreux de sentir qu'une existence antérieure de l'être que vous chérissez vous échappe. J'aurais voulu te connaître petite fille avec des nattes dans le dos.
Elle a eu un triste sourire.
— Je ne me suis jamais connue ainsi, Pierre…
— Tu ne portais pas de nattes ? ai-je questionné assez niaisement.