Massacrante est du reste le mot qui convient. Car je suis décidé à me servir de mon appareil à trouer la viande contre le premier bipède qui se présentera, car je suppose bien que mes ravisseurs se manifesteront… Ils se manifestent en effet, mais d’une façon tout à fait inattendue. Une aigrelette sonnerie retentit…

Je cherche d’où elle vient. Je ne vois rien ; pourtant je n’ai pas la berlue ; c’est bien dans la cambuse que ça carillonne.

Je me dirige à l’oreille et je finis par ouvrir un petit placard aménagé dans la cloison. Là-dedans, se trouve un cornet acoustique et une sonnerie. Je décroche le cornet acoustique. La sonnerie s’arrête instantanément, tout comme pour un téléphone ordinaire.

Une voix demande.

— Vous m’écoutez, commissaire ?

Je grogne, ce qui est vague mais affirmatif tout de même.

— Bien, fait la voix. Vous avez eu le temps de comprendre que vous étiez en notre pouvoir…

Je ne réponds rien. Il y a des évidences qui se passent de commentaires.

— N’est-ce pas ? insiste la voix.

— Et alors ?