Enfin le taxi stoppe devant la grille de mon pavillon.

J’en descends comme un diable sort de sa boîte et je me propulse dans mon jardin. Je cours sur le gravier, j’escalade le perron. La porte n’est pas fermée complètement, je la pousse. Le cœur me fait mal et mes jambes sont en coton…

Oui, Félicie est là… Au milieu du vestibule, inerte. Le fumier l’a eue…

Je m’agenouille à côté d’elle.

J’appuie ma main sur sa poitrine et une joie sauvage me pénètre. Dans ma main je capte les palpitations de son battant… Elle vit encore ! Dieu soit loué…

Elle vit… Je l’examine plus attentivement. Derrière sa tête se trouve une vilaine plaie. Le type est arrivé chez moi comme un visiteur ordinaire. Il a dû raconter des salades à Félicie pour endormir sa méfiance. Elle l’a fait entrer et lui, qui devait avoir une matraque dans sa poche, l’a étendue pour le compte d’un coup derrière la nuque.

A votre santé !

Il faut agir… Si elle vit encore après être restée près de vingt-quatre heures sans soins, c’est que sa blessure n’est pas fatale… Du moins je le crois.

Je saute sur le téléphone et je demande Police-Secours. Je me fais connaître et je leur dis de m’envoyer une ambulance…

En attendant la bagnole, je regarde autour de moi et je constate que tout est sens dessus dessous. On a fouillé ma cambuse avec une minutie extraordinaire.