Je demeure pensif, sans quitter la cabine… Je ne me décide pas à en sortir… Et puis, soudainement, mon culot et mon pifomètre se mettent à fonctionner.
Je glisse un nouveau jeton dans la tirelire.
C’est le numéro de l’ambassade des Etats-Unis que je compose cette fois.
Quelqu’un décroche et grommelle « Hello ! » d’une voix entortillée dans du chewing-gum.
— Je voudrais parler au secrétaire de Johnson, dis-je d’une voix autoritaire.
— De la part de qui ?
— De son meilleur ami.
Un bref instant s’écoule. Puis j’entends la voix du grand type roux à lunettes qui demande avec un rien d’anxiété.
— Qui est à l’appareil ?
Je camoufle mon phono de mon mieux, je parle lentement, un peu à la gangster dans les films d’Hollywood.