Je me précipite hors de la bouche de métro. Je cours à un taxi…

— Rue de Savoie ! A toute vitesse !

La rue de Savoie est une toute petite voie provinciale, comme disent les chroniqueurs sans chronique, toute proche de la place Saint-Michel.

Elle est longue comme un vestibule de maison bourgeoise et je me dis qu’en demeurant dans mon taxi, à l’une de ses extrémités, je serai aux premières loges pour observer le comportement du rouquin.

Celui-ci se pointe peu après, dans une bagnole qui est un peu plus large que la rue. Il remise son tombereau et se dirige à pas pressés vers la porte vétuste de l’un des immeubles. Il entre sous le porche. Je note soigneusement le numéro ; c’est le 4.

— Bon, fais-je à mon chauffeur, vous pouvez disposer, je n’ai plus besoin de vos bons et loyaux services.

Il est un peu surpris, mais je calme sa curiosité avec un pourboire qui lui ouvre des horizons de retraite dans une maison aux tuiles roses sur les bords de l’Oise…

Je me dirige vers le 4. C’est assez sombre comme porche. Je frappe à la lucarne de la concierge. Une bonne petite vieille me dit de patienter une seconde vu qu’elle a une casserole de lait sur le feu et que ce lolo va bouillir d’une seconde à l’autre. En effet, une gigantesque protubérance semblable à un champignon atomique s’élève au-dessus de la casserole.

La vioque coupe le gaz.

— Qui demandez-vous ? fait-elle.