La fille au disque, c’est ainsi que je l’appelle d’emblée, a en effet tout ce qu’il faut pour amadouer un gardien de la paix lorsqu’elle a laissé sa bagnole en station devant une porte cochère.
C’est une superbe jeune personne d’une vingtaine d’années aux cheveux de couverture de bouquin d’amour, d’un jaune paille à reflets d’or. Si après cette tirade vous trouvez que je ne suis pas l’émule de Lamartine, vous n’êtes qu’une bande d’empêchés !
Elle a la peau légèrement bronzée avec une constellation de minuscules taches de rousseur. Ses yeux sont gris foncé et sa bouche bien charnue.
Quand elle sourit, vous pensez à je ne sais pas quoi de captivant suivant vos aspirations intimes.
Pour le baraquement, oh pardon ! Les stars d’Hollywood peuvent se faire inscrire au chômage, moi je vous le dis. Et si je vous le dis, c’est que ça doit être absolument véridique !
Elle porte un pull gris à bord roulé qui ne cache rien de ses rondeurs et un pantalon noir qui les exagère.
Elle se tient sagement assise devant un verre de punch blanc, un disque de phono posé devant elle.
Je ne puis m’empêcher de penser que ça serait vraiment farce si cette môme était une coïncidence.
Je m’approche d’elle et me découvre.
— Mlle Muller ?