Le voudrais-je que cela me serait impossible, car je suis littéralement paralysé par la stupeur.
Ça n’est pas la première fois certes qu’on me fait le coup du passager clandestin à bord d’une auto, mais c’est la première fois que je marche à fond. D’ordinaire, mon fameux sixième sens m’avertit des présences cachées… Là, pas de doute, je me suis laissé fabriquer comme le premier peigne-cul venu…
Quelle maîtrise ils ont, ces Muller. Et quel cran ! Faut vraiment que le disque vale la gobille pour oser enlever deux fois un flic en plein Paris en ayant toutes les polices de la République au réchaud !
Je pense à tout ça sans lever le petit doigt.
La femme fait exactement comme si elle ne s’était aperçue de rien et pilote son tombereau à vive allure…
La main de Muller ne frémit pas. Il est en marbre ou quoi, ce zig-là ? Dites voir ?
Mon premier mouvement, si on peut dire est un mouvement d’yeux. Je bigle dans le rétro pour voir si le taxi de Castellani nous file toujours le train.
Oui, il est là… Alors je me sens un peu mieux.
L’homme aux cheveux gris n’osera tout de même pas me farcir l’olive en plein Pantruche ! Donc, j’ai le temps de risquer quelque chose ; je sais que je puis espérer une aide immédiate.
C’est alors que Muller achève de m’époustoufler.