Il sourit sans haine.

— A quoi bon persifler, commissaire ? Je sais que vous êtes un homme courageux. Je vais vous tuer parce que je n’ai pas le moyen de faire autrement ; personnellement, je n’ai aucune haine à votre endroit… Mais avant, je vais vous raconter une histoire et vous poser une question…

Il se racle le gosier.

Le type allongé contre le mur ne fait toujours pas un mouvement. Je le regarde attentivement : je donnerais bien une thune pour reluquer sa devanture, mais il conserve la tête dans ses bras…

Une lumière crue tombe de l’ampoule électrique nue.

L’homme aux cheveux gris reprend :

— Avez-vous entendu parler de Karl Hollanzer ?

— Non…

Ça a l’air de le choquer profondément.

— Karl Hollanzer était un grand savant, dit-il, professeur à la Faculté des sciences de Berlin. Il avait à son actif de grands travaux patronnés par le Reich hitlérien…