Comme, stupéfait, je ne trouve rien à dire, il ajoute :
— Bon voyage.
Le déclic !
Je m’aperçois que ma cigarette s’est éteinte. Je la rallume et je pose mes pieds sur le bureau maculé d’encre. Je tire des bouffées voluptueuses.
D’un côté, je cherche un attaché russe disparu, de l’autre, je trouve une bombe russe, tombée du ciel… Après tout, le vieux n’a pas tellement mauvais blair !
Je passe en revue ma collection de cadavres : le Rigide, à qui j’ai fait sauter la gueule une fois cané ! La petite Frida, dont la moitié du corps est partie en morceaux, parce qu’elle avait un béguin pour ma pomme ! Rachel, précipitée par-dessus la barre d’appui d’une fenêtre… par mes soins ! Le faux Cluny, frappé de polio et décédé tandis que je le questionnais !
Des cadavres ! encore des cadavres ! Plus ou moins à l’actif d’un certain San-Antonio…
C’est moche à la fin ! Et pourquoi ?
Le sais-je au juste ? Pour l’enveloppe que le gouvernement me remet à la fin de chaque mois !
Certainement pas !