Je descends l’escalier de pierre, je saute dans l’ascenseur et me voilà dans la rue.

J’ai pris des repères sérieux… La fenêtre par laquelle on m’observait est située au haut de l’immeuble voisin, entre une fenêtre pourvue d’un store tango, et une autre à rideaux rouges. Donc, impossible de me tromper.

Je me demande qui est l’observateur : peut-être tout simplement un maniaque qui s’amuse à faire le voyeur ? Mais je tiens à en avoir le cœur net.

Je traverse la rue. L’immeuble qui me préoccupe ressemble comme un frère à celui que je viens de quitter. Une concierge jeune et comestible frotte le hall avec un balai brosse, les mains protégées par des gants en caoutchouc…

— Pardon, madame, je fais avec mon sourire type Gregory Peck, pouvez-vous me donner la liste de vos locataires du septième ?

— Pour quoi faire ? s’inquiète-t-elle.

— Mettons que ce soit à seule fin de soulager une curiosité légale, je dis en produisant ma carte.

Elle n’est pas outre mesure épatée. Une carte de police n’a plus le même prestige, de nos jours, auprès de la jeunesse.

— Au septième, dit-elle, j’ai un professeur de natation qui est sur la plage en ce moment. Une institutrice en vacances et un appartement à louer…

— Répétez ! je fais… Un appartement à louer ! Voilà plusieurs lustres que je n’ai pas entendu prononcer une pareille phrase par une concierge !