Je retourne à la grande taule. Mais ne croyez surtout pas que j’aille chez le Vieux. En voilà un qui m’a mordu le pif tout à l’heure, et je ne le reverrai que pour lui livrer la solution du problème ou pour lui flanquer ma démission !

Je suis en état de grâce. Je ne sais pas si vous connaissez ça, mais c’est très curieux, brusquement c’est comme si j’étais schlass… Je me fous de tout ; je bois l’obstacle, et tant pis pour celui qui n’évacue pas le trottoir assez tôt.

— Il y a des mecs disponibles ? je demande en pénétrant dans la salle commune où quelques bignolons commentent les dernières performances.

Les visages se tournent vers moi. J’avise celui de Plumet. Plumet est un petit jeunot plein de hargne. Un de ces gars qui ne perdent pas de temps dans l’existence et qui, dès le départ, marnent pour l’avancement et la Légion d’honneur.

Ces gars-là ne valent pas un pet de lapin pour une partie de rigolade, mais au turf, on peut compter sur eux…

— Tu es libre ? je lui demande.

— Oui, m’sieur le Commissaire…

— Alors, écoute…

Il s’amène, nous nous isolons dans un coin de la salle.

— Tu sais que nous avons un pensionnaire à la cave ?