— Hé, vous autres ! lance-t-il vers l’intérieur du poste… Vous entendez ce qui se passe ? Il y a là un type qui prétend avoir vu un cadavre dans la propriété des Bunks…

Il entre dans la turne et, d’un signe de tête, m’invite à le suivre. Je cligne des châsses à la lumière. Ça pue la tanière et le tabac, dans le secteur. Et puis, il y a par-dessus le tout une odeur, une odeur de gros rouge qui est l’odeur même de la France.

Les quatre types me regardent, leurs cartons dans les pognes, hésitant entre l’intérêt que provoque ma nouvelle et l’ennui qu’elle leur cause.

— Faut prévenir le lieutenant, émet l’un d’eux.

Le sergent opine.

— Giroud, va le chercher ! ordonne-t-il…

Il se tourne vers moi, me regarde d’un air vaguement réprobateur.

— Si vous vous êtes gouré, va y avoir un drôle de foin ; le lieutenant, il aime pas beaucoup qu’on l’emmerde pour balpeau.

— Je ne me suis pas gouré.

Le lieutenant arrive. C’est pas du tout un jeune et fringant officier tel que le mot lieutenant vous en fait imaginer. Non, il est bas du prose, presque bedonnant et deux paquets de cresson lui sortent des étiquettes.