La soirée est de plus en plus lourde lorsque je parviens dans les meubles de la mère Tapautour.
L’orage imminent vous comprime la poitrine et vous bloque les éponges. J’ai horreur de cette atmosphère de cataclysme. Il me semble toujours que la planète va exploser, ce qui est une sensation des plus désagréables.
Avant de monter l’escalier de l’immeuble, je tire l’épingle d’or de mon revers de veste où je l’ai fixée avant de quitter le burlingue du Vieux et je la plante dans l’épaule, juste à l’endroit où l’avait enfoncée Bunks…
Parvenu au troisième étage où crèche la vioque, je sonne.
C’est elle qui vient m’ouvrir, un rahat-loukoum à la main.
— Enfin vous ! s’exclame-t-elle, la bouche pleine de ses infernales sucreries… Cette chère mignonne commençait à désespérer…
Je ricane.
— Moi, mémée, je suis comme le gros lot, je me fais désirer, mais je finis toujours par sortir pour ceux qui savent m’attendre.
La vieille essuie ses lèvres flétries où le rouge se délaie avec le sucre.
— Je lui ai offert des chocolats… Elle est adorable, cette enfant.