— Pas de danger, je fais, avec la teinture que vous employez !

CHAPITRE IX

DERNIÈRE TENTATIVE

— Voilà, dis-je au boss. J’ai fait ça, patron, bien que ce ne soit pas joli, parce que, à mon avis, nous n’avons d’espoir de pousser ces salopards à l’action qu’en nous manifestant.

Les délais que nous accordent les Russes pour retrouver leur bonhomme expirent dans quatre jours, c’est du peu !

Il lisse son crâne en peau de fesse.

— En quoi la mort de cette fille poussera-t-elle les nazis à se manifester ? demande-t-il, d’un ton où perce une obscure réprobation.

— Suivez-moi, chef ! Lorsque, à Freudenstadt, ma bagnole a eu fait explosion, les Bunks ont aussitôt su que j’étais indemne. Ils avaient certainement quelqu’un de leur bord dans les parages de l’hôtel. L’aubergiste lui-même est peut-être dans le coup, qui sait ?

« Donc, ils ont appris, presque en même temps, que les forces d’occupation mettaient une voiture à ma disposition. Le colonel l’a gueulé dans la cour, devant tout le monde.

« Il aurait fallu être sourdingue pour ne pas le savoir. Il leur restait donc la possibilité d’organiser un coup fourré ; seulement, étant conduit par un soldat français, cet attentat prenait tout de suite une signification trop grave. Ça devenait un crime international. Ils ont préféré dépêcher une fille à eux sur la route pour essayer de m’avoir à la douceur… Ça leur permettait de se rencarder un peu sur moi… Je suppose que ma personnalité devait les intriguer un brin, non ? »