San-Antonio

Deuil express

À Gustave et à Henri Lapierre, Jean Clère, J.-J. Lerrand, René Fonteret et Xavier Salomon, qui en ont bien lu d’autres ! et qui passent aussi leur vie à mettre du noir sur du blanc. Affectueusement. S.-A.

Première partie

CHAPITRE PREMIER

Ça biche, pêcheur ?

Ce qu’il y a de chouette avec mon oncle Gustave c’est que, lorsqu’on va à la pêche avec lui, si l’on n’est pas sûr de rapporter du poiscaille, on est au moins certain de ramener une bonne cuite.

Pour ça, un peu organisé qu’il est, Tatave. Un jour, il a oublié sa canne à pêche, mais il avait la « gourde » de rouquin en bandoulière. Quand il est rentré, le soir, il était plus content que s’il avait sorti un brochet de trente livres ; la biture qu’il trimballait n’aurait pas tenu dans sa musette, moi je vous le dis !

On est comme ça, à Lyon.

Quand ça mord pas, on plante sa « gaule » entre deux pierres et on va jouer aux boules. Or, jouer aux boules donne soif… Tout est là… Pour « casser » le beaujolais, on mange du saucisson, mais le saucisson donne soif. Lorsque vous revenez à la berge, votre bouchon est tellement enfoncé que vous croyez avoir harponné un sous-marin… Vous tirez la ligne et vous ramenez un tronc d’arbre gros comme ma cuisse.