Voilà un gentil maillon de la chaîne. Le hasard, mon grand, mon unique copain a fait magistralement les choses cette fois.

C’est bibi et son tonton Gustave qu’ont repêché le cadavre du Fredo, lequel Fredo est le frelot d’Édith, la poule au mec que j’étais chargé de surveiller…

Et la frangine de mon noyé est venue se faire sucrer chez moi ! Il est dit que j’hériterai les cadavres de toute la famille Almayer. Il ne me reste plus qu’à souhaiter que les Almayer darons n’aient pas enlevé le prix Cognac.

Je siffle mon verre de raide.

Puis je siffle tout court, entre mes chailles, parce que, vraiment, des sensations comme celles qui m’agitent, faut les extérioriser si on ne veut pas risquer d’exploser !

— Fred Almayer était copain de Stumer ?

— Oui… Ils ne se quittaient pratiquement pas. Tous les soirs ils venaient à l’apéro ici. Ils buvaient du pinaud…

Je me cintre en songeant au père Pinuche qui, à l’heure présente, est en train de compromettre son bridge — avec le dentiste — pour me dégauchir un renseignement que j’ai déjà…

Les deux gars étaient copains…

— Continue, dis-je…