J’ai sauté sur la droite de façon à éviter le volant pour le cas où ce dernier aurait des vues sur mon poitrail.
Par chance, la portière n’est pas bloquée.
Je sors de ma tire. Je dégaine mon feu…
Les occupants de la voiture télescopée ne songent pas à faire dresser un constat. Comme ils n’ont que l’arrière de défoncé, ils démarrent…
Le canon de la mitraillette passe par l’ouverture arrière, dont la vitre est tombée. Je me jette à plat ventre afin d’éviter la purée…
Et je fais bien, parce que les gars qui restent sur leurs deux pattes en pareille circonstance n’ont plus besoin d’aller voter !
La rafale secoue ma malheureuse voiture et déchire le voile de la nuit, comme dirait mon pote Lamartine, un drôle de loufiat qui avait le battant amoché par une certaine Elvire, dont je ne sais pas le blaze of family.
Je me redresse, la décharge passée. La 203 doit avoir quelque chose de faussé, car elle ne parvient pas à filer vite… Le pont arrière en a certainement pris un coup ; m’est avis que les têtes de fusées sont voilées comme des religieuses.
Je lève mon feu et je le vide, sans trop espérer faire mouche.
La voiture parvient à la hauteur du pont et s’y engage.