— Qu’arrive-t-il ? demande ce distingué représentant de la police lyonnaise.
— Mollard, 114, rue Ferrandière, à Lyon. Propriétaire de la voiture 2791 IF 69, dis-je. Il me faut pour demain matin, à la première heure, tous les renseignements possibles sur ce type. Et de la discrétion ! Appelez-moi rue des Saussaies, à la Grande Taule !
Je raccroche sans lui laisser le temps de dire « ouf ».
— Votre voiture est là ! annonce mon dévoué brigadier, du même ton qu’il prendrait pour dire « Madame est servie ! » dans une pièce de patronage ou d’Henri Bernstein.
— Alors, bonsoir, les gars !
Je monte dans le teuf-teuf minable mis à ma disposition. Et je mets le cap sur mon domicile. Pour tout dire et pour ne rien vous cacher, je n’ai pratiquement plus qu’un objectif en tête : me pieuter et ronfler en essayant d’oublier les cadavres de la journée…
Y a du feu chez moi lorsque j’arrive. Malgré l’heure tardive, Félicie m’attend.
— Tu n’es pas couchée, M’man ?
— Non. J’étais inquiète à ton sujet… J’ai peur pour toi, mon petit… J’ai l’impression que tu t’es engagé, cette fois, dans une très vilaine histoire…
— Penses-tu, M’man !.. Allez, file au dodo !