— Bien, monsieur le commissaire !
Je vais pour repartir dans ma rêverie, mais une épouvantable odeur de brûlé me fait sursauter. Je me détranche et je vois une tache rousse qui s’élargit sur la feuille de papier où est tombée ma cigarette allumée.
J’éteins celle-ci et du plat de la pogne je circoncis le désastre, comme disait une concierge.
La feuille roussie par le feu est la première page du rapport que m’a remis le boss.
Je lis le texte effacé par points afin de me rendre compte s’il a perdu de son sens ; mais non.
Et voilà que je m’arrête sur un nom : Auguste Riffaut.
Ce nom, je vous le bonis tout de suite, ne me dit rien de particulier ; simplement il me choque, parce qu’il n’est pas porté sur ma liste à moi, qui cependant a la prétention de contenir les noms de tous les acteurs de l’histoire.
En la faisant, cette liste, j’ai tout bêtement oublié le blaze que je viens de lire à la faveur d’un stupide incident : Auguste Riffaut.
Il s’agit du chauffeur du général Pradon, du vrai. C’est lui que Stumer a drogué et enfermé dans la malle d’une bagnole avant de s’occuper du général et de sa précieuse serviette.
Moi, bonnard comme un garde-champêtre, je n’ai pas pris garde à ce Guguste. J’ai démarré ma piste après son rôle passif, c’est-à-dire à partir du moment où les plans se sont trouvés in the pocket des autres !