Ce doit être le jour de fermeture du boulanger, voilà pourquoi le fournil est vide.
En tout cas le pétrisseur de brignole est un homme ordonné car son laboratoire est propre, bien rangé. Il y a le pétrin, bien nettoyé, avec les pales du malaxeur luisantes dans la pénombre… Il y a le conduit de farine au-dessus du pétrin… Il y a les paniers servant de moules, et surtout le four avec son brûleur à mazout branché devant lui comme une sorte de canon bizarre.
Le remue-ménage provenant de l’immeuble que nous venons de fuir s’accentue. Le plus petit des Jaunes guette par le trou de la serrure… Soudain il se dresse…
Il pousse une exclamation ressemblant au cri d’une souris prise au piège.
Son copain palpe son revolver.
Si mes potes s’annoncent ils vont trouver à qui parler…
Il me reste la ressource de hurler pour les mettre au parfum de ce qui se passe, seulement ce serait peine perdue car je ne suis pas certain que ma voix porte jusqu’à eux. Par contre je suis sûr d’une chose, c’est de dérouiller une bastos dans la gargane…
Attendons !
Le plus petit des Jaunes pousse un nouveau cri idiot qui, cette fois, évoque le grincement d’une girouette. Alors l’autre se redresse. Il paraît décidé… Il appuie sur le contrepoids actionnant la porte du four.
— Entrez là, vous ! ordonne-t-il à Pernette et à moi…