Comme c’est étrange, et même bouleversant, de se sentir lié à ce corps de femme, de sombrer avec elle dans le néant…
Son souffle pénible embrase ma joue. J’avance un peu la tête et je rencontre ses lèvres. Je l’embrasse longuement, bestialement.
Vous marrez pas ! Vous vous dites sans doute que je vous mène en barlu avec mes histoires de bécot dans le four, et pourtant c’est vrai, malgré tout le critique de l’instant, ma suprême réaction c’est cette fringale de femme. Je broute son mufle et ça me fait du bien. Elle se laisse faire, assommée par les événements. Elle a les chocottes…
Je lâche ses lèvres. Je respire le plus profondément que je peux, mais c’est insuffisant pour satisfaire mes éponges.
— Voilà où ça vous conduit, les sales combines, je murmure. Vous avez voulu jouer les Mata Hari avec votre mari, hein ? Un officier supérieur ! Ah ! elle est bath, la France !
Elle frissonne. Je la sens vibrer contre moi et ça me fout un jet de vapeur dans la moelle épinière.
— Mon mari ignore tout, dit-elle… Ne parlez pas de lui !
Le petit sursaut de respect humain. On l’a toujours lorsqu’il vous arrive un turbin pareil…
— Sans blague, fais-je… Il n’est au courant de rien, c’est une truffe alors ?
— Nous ne sommes mariés que depuis un an. Nous nous sommes connus en Indochine…