— Les Viets se sont fâchés… Non ?

— Si…

— Alors vous avez eu peur, vous êtes allée trouver Stumer, vous l’avez supplié de traiter avec les Jaunes car vous teniez à votre sécurité. À propos, la frangine d’Almayer était-elle au courant ?

— Oui, dit-elle…

Et tout à coup elle n’en peut plus… Elle se met à hoqueter. Elle avance sa main libre et frappe contre la porte de fonte…

— Stumer n’a pas voulu marcher… Alors vous l’avez surveillé, pour le compte des Viets qui ne pouvaient guère se montrer dans les parages de la maison du Vésinet, celle-ci devant être surveillée… Vous étiez embusquée avec un appareil pour photographier tous les gars qui entraient… On ne remarque pas une charmante femme rousse… Stumer a senti le danger. Vous lui aviez avoué le meurtre d’Almayer et les raisons de ce meurtre… Il s’est dit qu’il subsistait peut-être une preuve contre vous chez Almayer… De quoi vous calmer ! Il est allé perquisitionner… L’a-t-il trouvée, cette preuve ?

— Oui…

— L’avait-il sur lui l’autre jour, lorsque après mon départ vous êtes entrée et l’avez abattu ?

— Oui…

— Alors vous vous êtes sentie forte, vous avez immédiatement alerté l’un des deux gars qui croisaient dans les parages… L’autre me suivait, non ?