Je plie sa lettre et la vague dans mes fouilles.

— Rien de cassé ? demande Félicie, surprise.

— Non, M’man, rien, Tatave m’envoie une adresse que je lui ai demandée pour la pêche…

Je garde la coupure de presse à la main. Je la lis. Le reporter explique notre pêche ahurissante. Il dit que la P.J. a pris les empreintes du mort et a reconstitué son signalement. Aux sommiers on a constaté qu’il s’agissait d’un certain Fred Almayer, vingt-huit ans, né à Strasbourg et habitant Paris depuis la Libération, titulaire de trois condamnations pour vol à main armée et vol avec effraction. Il a été tué d’une balle de 7,35 tirée en plein cœur à bout portant. Le cadavre était immergé depuis trois semaines environ…

Les policiers de Lyon et ceux de Paris enquêtent dans chaque ville.

Je replie le morceau d’imprimé. Un règlement de comptes dans le milieu… C’est le fait divers par excellence.

Le tonton est dans tous ses états, évidemment. Il doit vachement se faire reluire, Tatave. Il joue sûrement les vedettes auprès des veuves un tantinet salingue…

— Qu’est-ce qui te fait rire ? interroge Félicie.

— Des bêtises, M’man…

— Tu sors cet après-midi ?