— Ah ! zoui !

— Oui… Je leur ai dit que mon livreur était en courses.

— Bon, alors pressons…

Je revêts ma tenue de la veille. Puis, j’attrape les provisions. Seulement, je prends bien soin de troquer les oranges de mon épicier contre les miennes.

Je fonce dans l’avenue des Pages.

Tout se passe exactement comme la veille, sauf que, ce matin, la gonzesse blonde est dans la cuisine, vêtue d’un déshabillé de soie bleue qui foutrait des pensées polissonnes à un académicien.

Elle a un regard de chatte siamoise, plus vert que bleu ; des taches de rousseur sur sa peau ocrée… Pour les formes, alors là, j’en ai la gorge sèche. M’est avis que le Stumer ne doit pas s’ennuyer dans sa retraite provisoire. Il s’est muni du meilleur passe-temps qui soit. Avec une greluse comme celle-là sous la paluche, on peut se passer de jouer à la belote ou de lire Le Chasseur français.

Je lui file un drôle de coup de saveur, à la poulette. Le grand format, si vous voyez ce que je veux dire. Mais faut croire que les amours ancillaires c’est pas son rayon, ou tout bêtement que je ne représente pas son idéal, car elle se détourne d’un air de douairière à qui un bicot propose des photos porno.

J’insiste pas. J’empoche la mornifle, je remercie Stumer pour le nouveau pourliche qu’il me débloque, et je mets la grande voilure. Maintenant, il ne me reste plus qu’à attendre.

Je reporte son tri à l’épicier. Je lui cloque l’auber. Puis, je me taille.