Elle me regarde en bégayant son « mais… ». Ses roberts sont larges comme des hublots.

— Allons, ne vous tracassez pas ! fais-je. C’est une simple précaution pour m’assurer de votre tranquillité.

Elle ne comprend pas. L’intellect de cette fille tiendrait dans la main du nain Piéral.

— Maintenant, mon âme, je murmure, on va jouer franc jeu. Ton pote Stumer était le plus bel enfant de salaud que je connaisse. Il marnait dans le mitan et il a en sa possession certains documents qui valent leur pesant de moutarde. Moi et ceux de ma bande, nous avons décidé de les récupérer. Je compte sur toi pour ce genre de boulot. Si tu ne peux pas me fournir d’indications utiles, tu vas te retrouver avant longtemps au fond d’un petit étang où je pêche de belles carpes.

J’allume une cigarette. Puis, je me détranche pour la regarder.

Elle est de plus en plus ahurie. Une journée comme celle d’aujourd’hui comptera pour deux dans son existence.

— Allons, parle ! Où Stumer a-t-il planqué les papiers ?

— Les papiers ? répète-t-elle. Mais… mais… je ne sais rien ! Quels papiers ?

— Elle est bonne, celle-là !

Je renaude, parce que je sens bien que la môme Édith est tout à fait ignorante.