Comment je vais m’en débarrasser, de l’Édith ? Parce qu’il n’est pas question de la garder au frigo… Comment elle va prendre la chose ? D’abord, elle cavalera au Vésinet. Là, elle retrouvera son jules, elle l’affranchira sur mon numéro. L’autre, qui doit se demander ce qui lui arrive, gaffera que c’est un coup des Secrets. Et comme ce coup est foireux, il rigolera tellement qu’on sera obligé de lui jouer la marche funèbre pour le calmer…

Évidemment, je peux toujours essayer de lui filer un coup de tube, comme promis sur le billet, avant !

Ça ne rendra sûrement rien, mais de toute manière il ne me reste rien d’autre à espérer…

En soupirant, je me dirige vers le bigophone et je demande le numéro de Stumer, que j’ai pris soin de noter.

Presque illico, on répond.

Mais je ne reconnais pas, dans cette voix d’homme, celle un peu gutturale du Suisse.

Celle-ci est généreuse, ronde… Je crois m’être gouré.

Pourtant, à tout hasard, je demande :

— Je suis bien chez M. Stumer ?

— Oui, dit la voix.