— Tout était grand ouvert.
— Tenait-il un billet à la main ?
— Un billet ?
— Un mot griffonné sur une page de carnet ?
— Non…
Je regarde encore le cadavre. Le mec qui l’a transformé en viande froide avait une drôle de maîtrise. En tout cas, on peut dire qu’il était pressé. Il lui a collé une bastos alors que l’espion était encore dans le fauteuil. Pas de doute là-dessus. Il y a une large éclaboussure sanglante sur le dossier du siège. Donc, Stumer était assis. Pour le plomber dans la nuque, il a fallu le pencher en avant, ce qui revient à dire qu’il était encore inerte. Son assassin voulait sa peau. Il ne l’a pas tué au cours d’une algarade, il l’a tué pour le tuer, pour qu’il disparaisse. Vous pigez le distinguo, malgré sa subtilité et votre connerie proverbiale ?
Bon…
Alors, pourquoi l’a-t-il vidé du fauteuil ?
Pour le fouiller. On ne peut pas fouiller les ballades d’un zig assis. Il l’a allongé à terre. Je constate qu’une des fouilles à Stumer est retournée, je ne me goure pas.
Et alors, je m’invective vilain, in petto. Tout à l’heure, j’ai ramoné toute la strass, j’ai regardé jusque dans la cuvette des gogues, mais j’ai tout culment omis de fouiller ce zouave.