Je regarde, par la croisée, l’autre côté de la rue. Il n’y a pas de maisons, mais un petit rond-point formé d’un massif de fleurs au milieu duquel se dresse une statue d’Apollon.

— Tout à l’heure, dit-elle, au début de l’après-midi, il y avait une femme de l’autre côté du rond-point. J’ai cru que c’était une touriste.

— Ah ! oui.

— À ce moment, il y avait une auto arrêtée… devant leur porte.

Du pouce elle désigne le pavillon du mort.

La voiture dont elle parle, c’était la mienne. Une femme surveillait les allées et venues, de loin… Une « touriste » !

— Pourquoi touriste ? fais-je machinalement.

— À cause de son appareil photographique.

— Parce qu’elle en avait un ?

— Oui… Avec un gros machin noir au bout, comme une longue-vue.