Un silence lourd comme l’hérédité d’un bandit corse s’établit dans le bureau. On pourrait entendre le sermon d’un sourd-muet.
Enfin le Vieux pousse un soupir de plusieurs mètres cubes.
— Voilà qui n’est pas ordinaire, fait-il… Ainsi Stumer n’était pas seul ?
— Non, cette fille…
— Je ne parle pas de la fille… mais des gens qui les ont tués l’un et l’autre. Ces gens savent où il a caché les documents puisqu’il l’ont supprimé. J’avoue que je ne comprends plus très bien. Voyez-vous, San-Antonio, s’ils ont assassiné Stumer et sa compagne c’est parce qu’ils ont compris que quelqu’un (vous) était sur le coup et qu’ils ont craint que ce quelqu’un ne réussisse à leur arracher leur secret.
Au bout de cette longue tirade à peine ponctuée, on a envie de lui proposer un pneumothorax.
Mais il enchaîne rapidement :
— Pour éviter une fuite, il les tuent !
— C’est un moyen radical…
Le Vieux me foudroie du regard. Il a horreur d’être interrompu, surtout par un trait d’esprit.