En pyjama, les yeux bouffis, il me suit. Il ne demande plus d’explications, il a perdu de sa nonchalance et il est pâle comme un bol de crème fouettée.
Nous dévalons les escadrins et nous nous ruons dans la salle à manger.
— Décrochez-moi ce téléphone et demandez illico la Kommandantur. Dites au type qui vous répondra que cette nuit vous avez reçu la visite d’un homme qui venait de la part d’un de vos amis. Vous l’avez hébergé, mais il vous a paru louche et vous vous promettiez de prévenir la police demain à la première heure. Mais vous venez de vous apercevoir que la maison est cernée et vous craignez qu’il ne se défende.
« Demandez des instructions.
Adam réagit :
— Non, non, balbutie-t-il, ça n’est pas correct, et puis cela ne servira à rien, ils penseront que j’ai agi seulement lorsque je me suis aperçu qu’il était trop tard…
— Faites ce que je vous dis, tout ira bien pour vous et les vôtres.
Il obtempère.
Ça marche d’autant mieux qu’il a les chocottes pour de bon et que cela est perceptible à sa voix.
Au moment où il demande ce qu’il doit faire, je sors mon feu de la jambe de mon pantalon et je vise le gras de la cuisse d’Adam. Je ne tiens pas à lui sectionner l’artère fémorale ! La détonation et le choc le font chanceler.