Avec le même sang-froid et, je pourrais dire la même délectation, Jules coupe l’autre oreille.

Je me rends compte alors d’une chose, c’est qu’alors que nous suons à grosses gouttes, Gertrude regarde le prisonnier avec une espèce de louche satisfaction. J’oubliais simplement que cette fille est une sadique. On peut découper le gorille en petits morceaux comme pour l’accommoder en macédoine, elle se régalera.

— Ça va comme ça, dis-je à Jules, va liquider ce type et reviens ; madame ne réagit pas devant la souffrance d’autrui, du moins dans le sens que j’espérais, nous verrons si ces mutilations opérées sur sa personne la laisseront insensible…

Jules quitte la salle en poussant le grand Allemand complètement sidéré devant lui. Il revient peu de temps après en essuyant son couteau avec un morceau de papier journal.

— Vous parlez ?

— Non, dit-elle, faites-moi ce que vous voudrez, Heil Hitler !

— C’est ça, ma belle, il te refilera des étiquettes neuves, ton Adolf !

« Bon, eh bien, Jules, reprends ton petit turf, il paraît qu’on travaille dans le cartilage, ce matin.

La gonzesse pousse un cri aigu. Un flot rouge coule sur son épaule. Jules tient sa jolie oreille entre le pouce et l’index.

— Qu’est-ce que j’en fais ? demande-t-il.