— Nous avons été joués par votre douce amie et par ses compagnons, murmure Barthélemy.
Nous nous précipitons d’un commun accord à l’avant du véhicule. Le gars n’y est plus. Nous contournons la maison et nous l’apercevons qui galope, au loin. Ce mec, c’est de la poudre d’escampette. Je mesure son avance : inutile de me lancer à sa poursuite, celle-ci est trop grande pour que j’aie une chance de le rattraper.
— Ça, alors, fais-je.
Je suis drôlement blousé. Y a longtemps qu’on ne s’est pas offert ma tirelire dans d’aussi grandes largeurs.
Barthélemy pince les lèvres.
— Il ne nous reste plus qu’à essayer d’entrer dans la maison pour y trouver des vêtements civils, décide-t-il.
C’est ce que nous faisons. Il y a bien une serrure à la porte, mais je vous ai déjà prouvé que ça n’était pas un obstacle pour moi.
La petite campagne de Stéphane, bien que tout ce qu’il y a de rustique, possède néanmoins un confort discret. Dans la chambre à coucher, nous trouvons des vêtements de chasse. Nous les troquons avec une infinie satisfaction contre nos uniformes vert-de-grisés.
— Je me demande, dis-je enfin à Barthélemy, au bout d’un silence long comme l’avenue des Champs-Élysées, je me demande quelle sorte de jeu joue Gretta. Elle nous a donné des preuves manifestes de sincérité. Alors ?
— C’est incompréhensible, avoue mon compagnon.