CHAPITRE XII

Barthélemy s’absente une paire d’heures dans l’après-midi pour aller aux nouvelles.

Je mets ma solitude à profit pour en écraser un brin. Écoutez un peu ; j’ai pas plus de sympathie pour vous que pour la grand-mère de Richelieu, mais je vais vous cloquer un conseil tout de même. Lorsque vous vous trouvez devant un problème considéré de prime abord comme étant insoluble, au lieu de vous mettre la Spontex à l’air, allez roupiller et vous verrez qu’en ouvrant les stores vous vous sentirez neuf comme un chapeau de Mme Stève Passeur !

Pour ma dorure, c’est ce qui se produit. Lorsque Barthélemy radine, je comprends que ce petit coup de néant a purgé mon cérébro-spinal.

— Du neuf ? je lui demande…

— Des précisions, rectifie-t-il. Je sais dans quelle cellule est enfermé Stéphane. Or, comme, depuis belle lurette, je possède le plan détaillé de la Gestapette…

— Eh bien, mais, c’est aux pommes, je dis en bâillant si fort que cela établit un courant d’air dans mon intestin grêle.

— Aux pommes, sourit Barthélemy, on peut dire que vous avez l’optimisme chevillé au corps…

— Pour ça, faites-moi confiance, ma mère m’en mettait deux cuillerées chaque matin dans mon cacao…

— Vous avez une idée de ce qu’est la Gestapo d’ici ?