— Delirium, balbutie le docteur Martin… C’est pas des chauves-souris que je vois, c’est des, hug, doryphores…

Pour ma part, je crois bien avoir également une hallucination. Je me frotte les yeux et les écarquille le plus possible, mais mes sens ne sont pas abusés.

C’est bien des Allemands que j’ai devant moi. Des Allemands en chair, en os et en… armes…

Ils ne sont peut-être pas aussi nombreux que je le crois, car ma vision est au moins multipliée par deux, mais il y en a suffisamment en tout cas pour faire de nous des beaux morts.

Je voudrais tenter quelque chose, n’importe quoi, mais décidément je suis trop saoul.

J’esquisse un geste d’impuissance ; je bredouille des mots aussi inintelligibles pour moi que pour la compagnie, et soudain, quelque chose se déchire dans mon crâne.

Le parquet vient à ma rencontre.

CHAPITRE IV

J’ai vaguement conscience d’être attrapé par les jambes et par les pieds. On m’emmène en excursion. Ce balancement m’endort pour de bon.

Lorsque je me réveille, je suis étendu sur le sol carrelé d’une ancienne cuisine. On a vissé une plaque blindée sur la croisée pour l’aveugler et la porte est blindée comme un contre-torpilleur elle aussi.