— Vous, Gretta, reprenez contact avec votre groupe de Lyon ; quant à vous, Stéphane, passez une radio à Parkings pour lui annoncer que je ne rentrerai pas ce soir, mais qu’il envoie néanmoins le zinc afin de rentrer les documents. Mettez-le au courant de cette histoire de bombe-radio ; n’oubliez surtout pas de lui raconter le détail du faux train. Je vous jure que si nous parvenons à repérer le bon convoi, je le transformerai en feu d’artifice…
Barthélemy gratte à la porte du hangar. C’est un petit bonhomme au nez pointu, chaussé d’énormes lunettes d’écaille. Il est affligé d’un tas de tics et il ressemble à un rat.
Stéphane le met au courant du travail qu’il attend de lui.
— Vous comprenez, finit-il, en matière de conclusion, c’est assez périlleux de véhiculer des papiers de ce genre en ce moment, tâchons d’éviter au moins les paperasses inutiles. Faites un tas à part de tout ce qui n’offre manifestement aucun intérêt : factures, papelards intérieurs, etc. Nous les brûlerons. Le reste, empilez-le dans le tonneau que voici, il est truqué, on peut y fiche du pinard entre les doubles parois, et comme j’ai une licence de transport pour quelques hectos…
Pendant que le petit prof se met au turf, nous filons, à pinces, au bistro de Stéphane.
La nuit est complète. Pas une lumière, le ciel lui-même adopte le couvre-feu, car il est bouché comme un garçon de ferme.
— Belle nuit pour le turbin, apprécie Stéphane.
Il ajoute :
— Vous allez prendre le train pour Bourgoin ?
— Oui…