Le P.C. Joly siège dans une école communale.

Ici l’épuration est mieux organisée qu’au commissariat. Les deux corps de bâtiment intiment un ordre élémentaire : filles, garçons. Aujourd’hui, cela se traduit par femmes, hommes.

On entraîne la mère et Hélène dans une salle de classe sur les murs de laquelle pendent des cartes de France : « Voies navigables et France économique ». Des dessins d’élèves sont fixés au mur. La salle sent la craie et la femme, une douzaine de détenues accroupies sur leurs talons s’oublient dans une lassitude sédative.

Hélène et sa mère se posent l’une contre l’autre, face à face, comme un serre-livres. Elles pleurent à gros sanglots.

Le sel de mes yeux sur mes plaies ouvertes.

De leur côté le père et Petit Louis sont parqués en compagnie d’autres miliciens. Ces derniers s’empressent autour du garçon.

— Toi aussi ? constatent-ils.

Petit Louis se laisse choir sur un banc.

— On s’est fait fabriquer, ce matin, dans le faubourg, déclare un grand type au regard morne.