Les jambes des soldats plongent et remontent, pareilles à des pistons, le long de son visage.

Une voix courroucée crie :

— Cette fripouille ne veut pas crever. Lève-toi, nom de Dieu !

Petit Louis regarde à pleins yeux le ciel immense où chavire un soleil cruel. Le ciel et le soleil, la cour de cette école, les visages curieux, les soldats vont s’engloutir pour toujours et Petit Louis continuera à se percevoir dans le néant…

Il voudrait comprendre, seulement comprendre…

Il voit les arbres piqués à l’envers. Il mange une terre poussiéreuse que sa respiration fait tournoyer comme une minuscule bourrasque dans sa bouche sèche.

Un homme.

— Portez-le ! ordonne la voix courroucée, perdue au fond du monde.

Sa prodigieuse horreur énerve seulement.

Petit Louis se sent soulevé de terre. Il suffoque et une sorte d’indignation s’empare de lui.