Édith est assise à la terrasse d'un café. A la table voisine se trouve le monsieur. Soudain, le monsieur regarde Édith, douloureusement…

— Si tu avais vu ces pauvres yeux, Jules… Touche mes bras, j'en ai la chair de poule…

… Deux grosses larmes se mettent à couler sur ses joues. Édith lui demande charitablement pourquoi ce chagrin…

— … Tu sais comme je suis sensible, Jules ?…

… Voilà : le monsieur pleure parce qu'Édith lui rappelle une femme qu'il a follement aimée et qui est morte dans un bombardement…

— … Elle avait vingt-deux ans, Jules, et elle attendait un bébé.

… Plus le monsieur regarde Édith, plus il trouve qu'elle ressemble à Laurence…

— … Elle s'appelait Laurence, Jules…

… Et plus il trouve qu'elle ressemble à Laurence, plus il pleure. A la fin, il supplie Édith d'aller dans une chambre et de se déshabiller pour qu'il puisse avoir l'illusion que l'être aimé est ressuscité. Il donne sa parole qu'il sera correct. Il montre même ses papiers : Comte Gaëtan de La Roche-sur-Yon. Il est décoré. Il manie le subjonctif. Il sanglote. Il menace de se suicider…

— … Qu'est-ce que tu aurais fait à ma place, Jules ?