— Quoi donc ? demanda Jango, inquiet.

— Ton truc de tout à l'heure. Ton déguisement, quoi !

Cette requête contraria Jango. Il se détourna et fixa la rosette à son revers de veste.

Barbara ne put réprimer un petit cri de surprise.

— Tu… Vous… Oh ! C'est formidable ! répéta-t-elle.

Jango enleva la rosette pour ne pas effaroucher Barbara qu'il embrassa, et descendit l'escalier. Des sensations inconnues le tourmentaient à nouveau. Il s'engagea dans la rue de Rennes, troublé par des pressentiments.

* * *

Après le départ de Jango, Barbara se mit à penser à lui. Elle conservait de son exercice de transformation un souvenir ému. Jango occupait une grande place dans la vie de la jeune femme. Pourtant, il n'y occupait aucune position précise, car il n'était ni son amant, ni son collaborateur, ni son confident. Il n'était rien de cela, parce qu'il était tout à la fois.

Elle mangea les chocolats qu'il lui avait apportés, tout en se peignant devant sa coiffeuse. Comme beaucoup de femmes inoccupées, Barbara consacrait à ses cheveux le plus clair de son temps. Comme beaucoup de femmes également, elle croyait posséder une chevelure ensorcelante. En général, celle-ci était blond cuivré.

Cette teinte ou plutôt cette teinture convenait à sa carnation et à la couleur de ses yeux.