En sortant de la morgue, Maurice héla un taxi.

— Boulevard Richard-Lenoir !

L'imminence du danger lui procurait un sang-froid bienfaisant. Une ligne de conduite s'imposait à lui : avant tout, prouver qu'il ne s'agissait pas de son oncle. Ce serait délicat, car il l'avait reconnu d'une façon bien positive. Il comptait faire rétablir la vérité par Sainte-Thérèse et par le concierge.

Parvenu devant chez lui, il conserva le taxi, s'engouffra sous le porche, y rafla les deux personnages qu'il venait chercher et qui parlaient dans un courant d'air, les poussa nerveusement dans le taxi en criant : « A la morgue ! »

— Voilà, exposa Maurice avant que la servante et le portier fussent revenus de leur surprise. Il y a, à la morgue, le corps d'un monsieur qui ressemble à mon oncle. Il lui ressemble même au point que j'ai cru que c'était vraiment lui.

— Doux Jésus ! fit Sainte-Thérèse par acquit de conscience.

— Nom de Dieu ! rectifia le concierge…

Maurice les interrompit d'un salut à la romaine.

— Écoutez-moi, au lieu de pleurnicher. J'ai cru que c'était lui. Il n'est pas facile à identifier, car il lui manque le nez…

Sainte-Thérèse porta la main à sa gorge, puis sur le bras de Maurice pour l'interrompre.