Ils discutèrent longuement de la composition à donner au sujet.
* * *
L'eau de la vaisselle bouillait quand Jango les appela, penché sur la rampe.
— Venez voir, tout le monde !
Bonne-maman et Zizi se précipitèrent dans l'escalier. Parvenus devant la chambre, ils s'arrêtèrent net et se turent comme à la porte d'une nouvelle accouchée.
— Entrez, entrez ! invita Jango.
Ils entrèrent, la gorge serrée par l'émotion. Le tableau reposait sur l'oreiller. Un rai de soleil l'éclairait. Bonne-maman et son petit-fils se rangèrent devant le lit, les mains jointes sur le ventre. On aurait pu croire qu'ils venaient visiter un caveau de famille. Le sourcil froncé, la vieille dame et le gamin cherchèrent une vérité dans le rectangle de taches éclatantes que Jango leur proposait.
— C'est un portrait, fit bonne-maman comme pour se convaincre.
Zizi attendit un peu avant de se prononcer. Lorsqu'il eut épuisé toutes les autres combinaisons d'interprétation qu'autorisait le tableau, il répéta :
— C'est un portrait !… Je vois un œil, triompha-t-il en désignant une sorte de mollusque au centre de la toile.