— Je ne veux rien dire. Le type qui saute du troisième étage de la tour Eiffel, avec un parapluie comme parachute, ne veut rien dire non plus. Simplement, je vous recommande de ne pas faire l’idiot. On ne peut prévoir à l’avance la façon dont tourneront les événements. Si vous voyez que c’est foutu pour moi, n’insistez pas et barrez-vous en douceur. Une fois le coup accompli — si j’y parviens — chacun pour soi.
Ouf !
Je me marre.
— Faites pas ces trompettes, les petits ; j’ai dans l’idée que notre étoile brille cette nuit !
Je m’empare d’un plateau chargé de verres, sur une desserte, et je fonce, en compagnie de Thérèse, vers la salle de réception.
Je pousse la porte à double battant. Et mes yeux se mettent à clignoter. C’est un beau coup d’œil ! C’est plein d’uniformes chamarrés et constellés de décorations, de toilettes rutilantes, de bijoux, de lumières, de dorures…
Au fond de l’immense pièce, un orchestre italien joue du Verdi. Le buffet monumental est assiégé. On dirait que ce sont ces locdus qui la pilent et non pas le bon populo.
Ils s’en mettent plein les croquantes, ces carnes ! Ah ! les pourris !
Ils sont au moins deux cents. Ça va être coton pour repérer le von Gressen dans cette foule.
Comment pourrai-je y parvenir sans donner l’éveil ?